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Heist symphonique

Symphonie : sonate pour orchestre caractérisée par la multiplicité de ses exécutants et souvent composée de quatre mouvements : rapide, lent, menuet, rapide.

     - O.K. les filles.
     - Yup.
     - On y est.
     - Oh ! Je suis excitée !
     - Tiphany, on dit pas ça.
     - On dit pas ça ?
     - Non, elle a raison, excitée, ça veut dire… hm…
     - Que t’as la chatte en feu, tu vois ? Pussy ? On fire ?
     - Hm, well maybe aussi j’ai la chatte en feu ?
     - Oh, putain.
     - On se concentre, s’il vous plaît ?
     - Ouais, ouais, je suis prête, moi.
     - Me too !
     - Lorène ?
     - Ho, Lorène !
     - Hm ?
     - J’ai dit : on se concentre.
     - Oui, ben je suis là.
     - T’es là où t’es sur ton téléphone ?
     - Je lisais un message, c’est bon.
     - De, what she’s called again ? Mary-Ann ?
     - Marianne. Peut-être.
     - Meuf, sérieux, mais lâche-la, ta go, elle te calcule pas.
     - T’en sais rien.
     - J’ai des yeux, merde.
     - LES FILLES.
     - Ouais, pardon.
     - On t’écoute, Nadia.
     - Vous connaissez le plan.
     - Yep ! We go in…
     - On chope la croûte.
     - Et on ressort.
     - Easy peasy !
     - Val et moi, on s’infiltre dans la salle d’expo.
     - Je nous infiltre dans la salle d’expo.
     - Oui, O.K.
     - On va le savoir, que tu sais ouvrir une porte, là…
     - Ta gueule.
     - Lorène !
     - Mais quoi ?
     - Lorène, tu fais le guet.
     - Je sais !
     - Tiphany, tu nous tiens au courant.
     - Pas de porno en alt-tab, cette fois.
     - It helps me concentrate !

     « Salut Marianne, c’est moi. J’ai bien eu ton message et honnêtement, j’avoue que je comprends pas. Je sais que j’ai dit des choses que j’aurais pas dû, mais toi aussi t’as dit des choses que t’aurais pas dû et c’est pas juste que ce soit Grégoire qui paie pour ça. C’est notre fils à toutes les deux, tu crois que tu ne lui manqueras pas ? Il est sensible, tu sais, il ressent ces choses-là. J’arrive pas à croire que tu me soupçonnes de me servir de lui pour rester dans ta vie alors que c’est toi qui est prête à le mettre à la rue ! Enfin pas à la rue, mais chez moi, quoi. Et même si j’embarque le terrarium y’a moins de lumière chez moi, je suis moins souvent là parce que je suis pas une petite bourge qui peut bosser en télétravail h24…
     O.K. Nan, supprimer. »

     « Right, girlies, you’re clear. Tout le monde est dans la grande salle en train d’écouter Madame la Ministre raconter sa vie. Il y a juste un type qui est parti aux toilettes. Do your magic. »

     « Salut Marianne, ouais, c’est moi. J’ai bien eu ton message et tu veux pas qu’on en discute en tête-à-tête, plutôt ? On peut se retrouver à notre bar de d’habitude. Je pense que c’est mieux que par message, non ? Je pense pas que les yeux dans les yeux, t’aies le cran de me dire que tu es prête à ne plus jamais revoir notre grenouille sous prétexte que tu peux plus m’encadrer. Je pense pas que je te dégoûte à ce point-là, si ? Je t’ai fait quoi, sérieux ?
     Rah, supprimer. »

     « Les filles, le type est sorti des toilettes. Je crois qu’il est perdu et il se dirige vers vous.
     - Quoi ? Mais c’est pas du tout la direction de la salle de conférence !
     - I know, mais peut-être il n’a pas envie d’écouter le discours !
     - Et du coup il se promène ?
     - Yes. Dans votre direction. Mais no worries, Lorène est sur son chemin ! Elle va l’intercepter. »

     « Bon, Marianne, c’est moi. J’ai bien eu ton message, et je sais pas quoi te dire. Ça me dégoûte franchement, qu’importe comment ça s’est fini, je pensais qu’on avait une belle histoire, toi et moi…
     - Bonjour, mademoiselle.
     - Bonjour. Bref, c’était un type qui passait. Donc, ouais… Merde ! Eh ! Monsieur ! Vous pouvez pas aller par-là ! Merde, merde, merde. »

     « Monsieur, attention !
     - Quoi ?
     - Vous ne pouvez pas aller par-là, c’est euh… dangereux. »

     « Hurry up, girls. Lorène l’a ralenti mais je sais pas pour combien de temps.
     - On fait ce qu’on peut, putain. Mais Nadia met trois ans à rouler la toile, là.
     - Excuse-moi, mais si elle est abîmée on aura fait tout ça pour rien.
     - Si on se fait choper aussi on aura fait tout ça pour rien. »

     « Comment ça, dangereux ?
     - Eh ben, euh, parce que… c’est en travaux…
     - Vous faites des travaux pendant les visites diplomatiques, vous ?
     - C’est pas moi qui décide, monsieur. C’était une urgence. Suivez-moi, je vous ramène dans la salle de conférence.
     - Je voulais juste jeter un œil aux peintures. Il paraît que la Fondation a un très beau portrait de footballeuse américaine…
     - Non !
     - Non ?
     - ‘Fin, si, mais on l’a euh… déplacé. Pendant les travaux. »

     « Magne-toi, magne-toi, magne-toi.
     - C’est bon !
     - Typhany, c’est bon ! Dis-nous quand on peut sortir !
     - Lorène est toujours avec le type dans le couloir, il ne veut pas partir.
     - Pas de panique, on attend.
     - Mme la Ministre a bientôt fini. Après, les invités vont se disperser dans les couloirs ça sera l’enfer.
     - Trouve une solution, alors !
     - Wait. I got an idea. »

     « Gah !! Qu’est-ce que c’est que ça ??
     - Je vous avais dit que c’était dangereux, monsieur. On, euh, répare le système anti-incendie.
     - Oui, bah il a bien besoin d’être réparé, là !
     - Je sais, je sais. Suivez-moi, je vais vous trouver une serviette pour vous sécher.
     - Et un costume de rechange, peut-être ?? »

     - On est là !
     - Yeaah !
     - Lorène va s’en sortir ?
     - Yes, elle est avec ses collègues.
     - Au final, le dysfonctionnement l’extincteur c’était l’alibi parfait pour ne pas être à son poste.
     - Typh, tu sais que t’es un putain de génie ?
     - Hm, yes.
     - I could kiss you.
     - Maybe you should?
     - Pour de vrai ?
     - Yeah…
     - Calmez-vous, les lesbiennes. Val, démarre, vous baiserez plus tard.
     - In a pool of money !
     - Ouais !
     - Parce qu’on est RICHES !